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La Haute autorité a répondu à ceux qui ont tenté de l'instrumentaliser en prétendant qu'Arnaud Montebourg avait appelé les électeurs de droite à participer à la primaire de Gauche. La Haute autorité a avant tout souligné l'hypocrisie de ceux (François Rebsamen, Bruno Le Roux...) qui l'ont saisi sur ce sujet tout en ayant appelé à contourner les Primaires. Un coup dur pour le camp Valls... 

 

Le quinquennat de François Hollande débuté en 2012 se termine bien mal. Nous avions placé en lui de nombreux espoirs pour la France et pour la gauche mais la déception prédomine aujourd'hui. Il ne s'agit pas de rejeter en bloc ce qui a été mis en oeuvre pendant ce mandat. Le mariage pour tous, le tiers payant généralisé ou le décret Montebourg en faveur du patriotisme industriel sont d'indéniables avancées. La modernisation de notre société s'est cependant accompagnée d'un profond sentiment d'injustice en ce qui concerne la politique économique et fiscale. L´augmentation des impôts des classes moyennes et populaires et le bilan comparable à celui de Nicolas Sarkozy dans le domaine du chômage (plus d'un million de chômeurs supplémentaires depuis 2012) ne passent pas. Les électeurs de François Hollande qui ont vu leur pouvoir d'achat s'effondrer et leur situation professionnelle se détériorer ne pardonnent pas la trahison des promesses de campagne de 2012. Comment en est-on arrivé là?

Il serait trop facile d'imputer ce bilan à un seul homme. Il est le résultat d'un projet collectif issu des concertations entre quatre individus et leurs réseaux politiques respectifs: François Hollande, Emmanuel Macron, Michel Sapin et Manuel Valls. Il se résume en trois mots: "choc de compétitivité". Pour réaliser ce projet, ce quatuor social-libéral a pris une décision lourde de conséquences: alléger les prélèvements obligatoires sur les très grandes entreprises à hauteur de 80 milliards d'euros (CICE et Pacte de responsabilité) aux dépens de la fiscalité pesant sur les classes moyennes et populaires ainsi que sur les petites et moyennes entreprises. Dans le but de justifier cette politique économique en totale contradiction avec les promesses de campagne de 2012, il était dans un premier temps nécessaire d'éliminer ceux qui s'y opposaient et dont la présence au sein du gouvernement était ressentie comme une gêne. De fait, leurs revendications n'étaient pas compatibles avec les orientations budgétaires indispensables pour mettre en oeuvre le "choc de compétitivité" souhaité. La Ministre de la Culture Aurélie Filippetti fut donc renvoyée après avoir contesté une baisse historique du budget attribué à son ministère. Le Ministre de l'Economie Arnaud Montebourg écopa de la même sanction pour avoir trop bien défendu les intérêts de la sidérurgie française à Florange (Voir sur ce sujet l'excellent documentaire de Paul Moreira Danse avec le FN). On indiqua enfin à Benoît Hamon la porte de sortie pour avoir menacé de démissionner si le budget de l'Education nationale et de la Recherche n'était pas à la hauteur des projets à mettre en oeuvre. A l'intérieur du Parti socialiste, une véritable chasse aux sorcières eut lieu contre ceux qui osaient contester ce nouveau cours politique comme Gérard Filoche, Marie-Noëlle Lienemann et tant d'autres injustement qualifiés de "frondeurs". Afin de compenser la perte symbolique engendrée par ces exclusions, notre quatuor développa même un discours sur la nécessité d'un gouvernement d'experts dont un conseiller privé du Président Hollande devait être l'incarnation: Emmanuel Macron, énarque conformiste et pantouflard issu de la banque Rothschild et partisan d'une technocratie libérale bien éloignée du socialisme, fut nommé ministre de l'Economie. On l'autorisa à tenir un discours méprisant à l'égard de la gauche française au nom du nécessaire renouvellement de la vie démocratique. Il s'agissait en réalité de justifier une politique économique assez semblable à celle qu'avait mise en oeuvre Nicolas Sarkozy avec les mêmes conséquences prévisibles sur le plan du chômage.

Ce changement de cap ne pouvait être sans conséquence sur les alliances électorales. On imagina donc de remplacer la stratégie traditionnelle d'Union de la gauche chère au Parti socialiste depuis le Front populaire par celle d'une alliance au centre. Mais ce projet rencontrait une difficulté majeure: le leader centriste déçu François Bayou n'était pas prêt à coopérer et trouvait Macron beaucoup trop proche des milieux financiers et loin des attentes de la jeunesse (voir à ce sujet le point de vue de François Bayrou sur l'affaire des autoroutes). On envoya donc Macron en mission avec un objectif simple: réaliser en tant qu'ancien banquier une OPA sur les électeurs et les militants du parti de François Bayrou, le Modem. Ces intrigues constituent l'origine du mouvement En Marche que le gouvernement fit mine de désapprouver pour sauver les apparences auprès des militants socialistes tout en leur faisant avaler de nombreuses couleuvres.

L'idée était de rendre artificiellement puissant un mouvement politique centriste avant 2017 pour obliger les électeurs de gauche à le prendre en compte dans le cadre de potentielles primaires grâce à un chantage subtil: soit les primaires aboutissent à la désignation d'un candidat de l'aile droite du Parti socialiste capable de réaliser une alliance avec Macron soit le candidat désigné ne parviendra pas au second tour à cause de la concurrence de ce dernier. Il s'agit d'un coup de bluff magistral car Emmanuel Macron ne représente rien d'un point de vue électoral. Il n'est qu'une créature née de l'intrigue et sans légitimité démocratique. Faut-il s'étonner dès lors qu'il renoue avec de telles méthodes dans les Bouches-du-Rhône en passant des alliances avec les Guérinistes qui dévoilent toute l'hypocrisie de son discours sur le renouvellement démocratique?

Ces petits calculs politiques sont écoeurants par le mépris qu'ils présupposent à l'égard des électeurs français. 

Comment faire pour éviter le scénario catastrophe d'une confiscation des élections présidentielles de 2017? S'abstenir pour manifester son dégoût n'aurait pas d'autre conséquence que de faire triompher la droite qui prolongera indubitablement la politique économique dont nous souffrons depuis dix ans. Il est au contraire nécessaire de s'impliquer pour renvoyer Hollande, Macron, Sapin et Valls à leur bilan commun qu'il s'agisse du creusement des inégalités sociales ou de l'envolée du chômage. Cependant, il est aussi inévitable de construire un projet alternatif crédible face à ceux qui comme Emmanuel Macron proposent déjà un salaire minimum inférieur pour les jeunes ou un nivellement du régime d'indemnisation du chômage qui impliquerait à terme de considérer tout licenciement abusif comme une démission volontaire. Ce projet alternatif nécessite un minimum de cohérence économique. Proposer un revenu universel, un soutien renforcé à l'économie sociale et solidaire ou une relance du pouvoir d'achat des ménages serait au mieux contradictoire de la part de ceux qui préconisent depuis des années une austérité budgétaire étouffante afin de mettre en oeuvre leur inefficace "choc de compétitivité" (sur l'inefficacité de cette politique voir l'excellent article de l'économiste Daniel Cohen intitulé L'erreur économique de François Hollande). Pour financer de telles mesures, il faut rompre officiellement avec l'austérité et proposer un véritable changement de cap en France comme en Europe qui pourrait se résumer de la façon suivante: une relance du pouvoir d'achat des ménages afin de trouver des débouchés aux marchandises que nous produisons, une priorité donnée au financement des petites et moyennes entreprises créatrices d'emplois plutôt qu'aux allègements fiscaux favorables aux seuls grands groupes, un patriotisme économique européen bien compris plutôt qu'un libéralisme sans réciprocité, un Etat stratège capable de défendre les secteurs clefs de notre industrie et de promouvoir une véritable transition écologique plutôt qu'un Etat impuissant voué au culte du laisser-faire et enfin et surtout une politique ambitieuse dans les domaines de la Culture, de l'Education et de la Recherche.

Pour que tout cela soit possible, il faut rendre le parti socialiste aux socialistes en allant voter pour un candidat de l'aile gauche aux primaires des 22 et 29 janvier 2017 afin de permettre le retour d'une alliance rouge-rose-verte. Renvoyer Hollande, Sapin, Valls et Macron à leur bilan ne peut être qu'un premier pas avant de les renvoyer aux oubliettes de l'histoire politique de ce pays en leur infligeant une défaite à l'occasion de ces primaires.

Compléments:

Yannick Bolloré En Marche avec Emmanuel Macron, Laurent Mauduit, juillet 2016, Mediapart.

Emmanuel Macron, le candidat de l'oligarchie, Laurent Mauduit, juillet 2016, Mediapart.

 

AEAG s'était alarmé dans une récente contribution du risque de confusion que faisait courir la tenue d'un scrutin en plein état d'urgence. Nous considérons que les résultats de ce second tour nous donnent raison.

Malheureusement, certains habitants de la nouvelle région AURA se sont laissés séduire par les discours racoleurs "post 13 novembre" sur la sécurité et le débat régional a tourné en grande partie autour de problématiques qui ne concernent en rien les compétences de la région permettant ainsi un report massif des électeurs du FN vers le candidat de droite au second tour.

Le résultat de ce 13 décembre est un échec pour la liste menée par Jean-Jack Queyranne dans l'Ain comme ailleurs. Pourtant, les idées développées par notre candidat ne manquaient pas de pertinence. Penser la région à gauche demain ne pourra se faire sans référence à l'interview de grande qualité que ce dernier a donné à l'AGEFI le 1er décembre 2015 qu'il s'agisse de la contester ou au contraire de reprendre certaines idées à notre compte.

Ce qui a manqué en Région AURA comme ailleurs, c'est le sentiment de l'unité de la gauche. Trop de divisions et d'anathèmes ont marqué cette campagne. Il aurait fallu entendre le mécontentement des Français qui sont trop nombreux à penser que notre gouvernement s'éloigne de la mission qui lui a été confiée. Savons nous encore d'ailleurs ce que signifie le socialisme? François Mitterrand le définissait simplement en 1981 comme la lutte pour conquérir le temps de vivre pour les travailleurs. Les définitions les plus simples sont souvent les meilleures et celles qu'il ne faudrait jamais perdre de vue.

Il aura fallu à peine quelques heures pour que la question des attentats de Paris soit instrumentalisée à des fins électorales par les habitués de ce genre d'exercice de la droite dure à l'extrême droite. Difficile et même impossible pour l'instant de leur répondre en les ramenant aux véritables thèmes des élections régionales beaucoup plus prosaïques il est vrai: équilibre des territoires, développement économique, rémunération des agents de la région, culture partagée comme socle du vivre ensemble... Nous sommes tous en deuil.

En région Auvergne-Rhône-Alpes, la gauche est donc jusqu'ici condamnée à se poser par opposition à un Laurent Wauquiez qui semble avoir compris que le traumatisme national que nous vivons ne nous laisse pas beaucoup de temps à consacrer aux thèmes habituelles d'une campagne régionale. A gauche, nous le savons aussi. Nous nous égosillons donc pour condamner la mesure proposée par Laurent Wauquiez d'interner préventivement les 4000 fichés S dans un camp. Mais lorsque nous le faisons au nom du rejet absolu de l'état d'exception, nous risquons d'être condamnés à une certaine schizophrénie étant donné que les assignations à résidence temporaires que notre gouvernement vient de mettre en oeuvre correspondent à une privation préventive de liberté pour certains de nos concitoyens et que nous sommes en train d'ouvrir des centres de déradicalisation. Ne laissons cependant planer aucun doute: nous sommes contre l'idée de camps qui est d'un autre âge! 

Pour l'heure, nous vivons dans un état d'urgence imposé par le terrorisme qui correspond à une forme d'état d'exception. Nous avons besoin d'en débattre, de comprendre qu'elles doivent et peuvent en être les objectifs et les moyens en évitant les caricatures si fréquentes dans le cadre des campagnes électorales. La question centrale qui se pose à nous est la suivante: quels sont les moyens dont nous disposons pour lutter contre la radicalisation islamiste et comment peuvent-ils être utilisés?

Si l'opinion publique française n'arrive pas à prendre davantage de recul sur ce sujet complexe, il nous semble que le report des élections régionales est le seul moyen pour que ce débat se déroule sereinement sans vaine promesse et sans condamnation ambiguë. Sans cela, il est probable que nous serons non seulement privés d'une réflexion de fond sur ce sujet central mais aussi sur les questions essentielles relatives aux élections régionales.

A moins que ne survienne un sursaut démocratique afin de démontrer aux contempteurs de la République que l'état d'urgence n'est pas la fin de la démocratie! Nous le souhaitons profondément!

 

Jean-Jack Queyranne l'a dit et répété. Un projet politique pour la région Auvergne-Rhône-Alpes ne saurait être crédible sans un minimum d'équilibre des territoires. Ce principe d'équité qui est au coeur de son projet régional l'a même conduit à se fâcher avec les partisans les plus forcenés d'une autonomie lyonnaise sur le plan économique car elle priverait la région d'une partie du son budget et de sa souveraineté en la matière.

Faute de programme, Laurent Wauquiez a cru bon de jouer de ces divisions en affirmant de façon plus ou moins claire son soutien aux revendications du Grand Lyon. A l'en croire, il gouvernerait volontiers la région en bonne intelligence avec le maire socialiste de Lyon Gérard Collomb et serait prêt à accéder à ses demandes sur le plan économique. 

Seulement, abandonner le leadership économique au profit du Grand Lyon engendrerait nécessairement des déséquilibres aux dépens d'autres pôles de développements régionaux et des territoires ruraux en ce qui concerne la répartition des financements accordés par l'Etat. Qu'à cela ne tienne! Laurent Wauquiez ne semble pas gêner le moins du monde par cette situation et continue à promettre des lendemains qui chantent à tous ceux qu'ils rencontrent dans le cadre de ce qui ressemble davantage à un gigantesque miroir aux alouettes qu'à une campagne électorale. Mais qui serait le dupe de ces promesses de Gascons en cas de victoire de Laurent Wauquiez? Lyon? Les autres pôles économiques régionaux? Les territoires ruraux?

En réalité, c'est sans doute toute notre région qui souffrirait d'un tel résultat en décembre 2015. Voter pour Les Républicains c'est voter pour un parti traditionnellement hostile au principe de la décentralisation présenté tantôt comme un affaiblissement du dynamisme parisien dans la mondialisation tantôt comme une oeuvre purement inutile de rapprochement des citoyens et de leurs élus. Ce discours est particulièrement visible dans les ouvrages du député LR Pierre Lellouche mais transparaît aussi dans les propos de Laurent Wauquiez toujours prêt à présenter les projets régionaux comme des gaspillages.

Nous sommes pour notre part persuadés que l'honnêteté de Queyranne vaut mieux en matière de projets régionaux que les beaux discours de Wauquiez. Le dynamisme du Grand Lyon ne doit pas être pensé en opposition à celui du reste de la région car les métropoles ne sont pas des bases hors sol mais le reflet et l'adjuvant du dynamisme économique régional. Il nous semble que ce point de vue est en partie confirmé par l'interview de l'économiste Guillaume Duval que nous vous proposons ci-dessous.

Le contexte est favorable à l'antifiscalisme. Les journaux télévisés régionaux et nationaux passent en boucle le témoignage de retraités pris à la gorge par une nouvelle hausse d'impôt en ce qui concerne leur taxe d'habitation (voir vidéo ci-dessous). La nouvelle passe mal au moment même où le gouvernement annonce des baisses d'impôts pour les foyers les plus modestes.

Cela explique sans doute que 36% des électeurs affirment vouloir voter pour les élections régionales en fonction de considérations fiscales selon un récent sondage  Ipsos-Sopra Steria. Laurent Wauquiez, candidat tête de liste pour la droite aux élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, semble avoir très bien compris l'avantage qu'il pouvait tirer de la situation. En l'absence de programme, ses premiers tracts ciblent le prétendu matraquage fiscal dont se serait rendu responsable le candidat de gauche et président de région sortant Jean-Jack Queyranne.

Cette stratégie tient à la fois de l'opportunisme et de l'enfumage. En effet, la région est une des collectivités territoriales qui jouent le rôle le moins important en matière de fixation des impôts à l'exception de la taxe régionale sur les certificats d'immatriculation (cartes grises) et de la modulation de la taxe sur l'essence (TICPE).

Qu'à cela ne tienne! Faute de programme, Laurent Wauquiez part en guerre contre le montant de ces deux taxes en région Rhône-Alpes en les présentant comme exorbitantes. Une rapide analyse de la situation montre pourtant que la gestion de ces deux taxes par l'actuelle majorité de gauche a été pour le moins modérée. Le prix du cheval fiscal en région Rhône-Alpes est en effet très proche de la moyenne nationale (43€/41€) et l'usage de la majoration de la taxe sur l'essence est équivalent à celui pratiqué dans 20 des 22 régions actuelles comme le montre les données officielles.

Cette diversion orchestrée par Laurent Wauquiez a un objectif évident: masquer le fait que la hausse de la taxe d'habitations dont sont actuellement victimes de nombreux français est la conséquence d'une mesure votée par la majorité de droite à laquelle il appartenait en 2008: la suppression de la demie part des veuves engagée par Nicolas Sarkozy. Face à cette situation, de nombreux députés socialistes ont tiré la sonnette d'alarme et ont été entendus par le gouvernement qui a décidé d'exonérer les victimes de cette mesure injuste afin de garantir une fiscalité cohérente.

Laurent Wauquiez qui promet demain moins d'impôts en région est donc celui qui a participé à les augmenter de façon injuste à l'échelle nationale et dont nous payons encore l'addition. Ce double discours laisse songeur. Il est sans doute tentant de détourner l'attention des électeurs dans une telle situation mais la Région Rhône-Alpes mérite mieux que cela: un véritable projet de territoire afin de rester la deuxième région la plus dynamique de France sur le plan économique tout en garantissant un maximum de justice sociale.

 #LesaugmentationsdimpotscestWauquiez

La fusion entre ces trois communes permettrait de disposer de ressources suffisantes pour créer et gérer les infrastructures dont nous avons besoin: bibliothèque, salles de spectacles, conservatoire, fablab... Exprimez votre opinion!

S'il y a bien une question qui doit rassembler la gauche au-delà des désaccords majeurs sur la question du Tafta, c'est celle de la nécessité de respecter un minimum de fair-play fiscal en Europe en évitant toute concurrence déloyale dans ce domaine. L'Europe fiscale est aujourd'hui la nouvelle frontière de l'Europe.

Situés à proximité du Canton de Genève, nous sommes particulièrement attentifs à sa politique de dumping fiscal dont les effets négatifs seront présents à toutes les échelles. D'un point de vue local, elle pourrait impliquer d'importants déséquilibres en matière de développement dans l'agglomération transfrontalière du Grand Genève et accroître le déséquilibre emplois/logements ainsi que tous les effets pervers qui lui sont associés.

Pour bien comprendre la situation, il est possible de reprendre l'exposé de la situation réalisé dans le cadre des Assises transfrontalières pour l'année 2013:

"Sur le Canton de Genève, la fiscalité des entreprises en matière d’impôts sur les bénéfices peut se résumer à deux possibilités :
•Pour les entreprises ayant l’essentiel de leur activité en Suisse, l’impôt est de 24,2%.
•Pour les sociétés étrangères bénéficiant d’un statut fiscal privilégié, le taux d’imposition est de 11,6%
En France, le taux d’imposition est unique: il s’élève à 33,33% (AEAG rappelle que ce taux est de 35% aux Etats-Unis)
Ces écarts entrainent une concurrence déloyale et une surchauffe de l’économie genevoise (problèmes de logement, mobilité, etc.). La
moyenne européenne est de l’ordre de 22%. L’Union Européenne met en demeure la Confédération Helvétique de supprimer ce système
de privilège fiscal en matière d’imposition des entreprises avant juin 2013, mais la réaction des autorités genevoises est de proposer un
taux unique de... 13% seulement !"

L'attitude du Canton de Vaud est de fait comparable. Rappelons au passage que le dumping fiscal fait aussi des ravages en Suisse en suivant la règle de la mise en concurrence généralisée des Cantons.

Une telle situation n'est pas acceptable car elle mène progressivement à la ruine des Etats faute de recettes fiscales suffisantes et favorise la délocalisation des profits en direction des paradis fiscaux. Baisser les impôts et transformer l'Europe en immense paradis fiscal comme le proposent certains membres de la droite libérale ne serait pas possible sans coupes sombres catastrophiques dans les dépenses publiques notamment en ce qui concerne le système de protection sociale. Le modèle suisse a dans ce domaine des limites évidentes.

Nous appelons donc les candidats de gauche aux élections européennes à adopter une position de fermeté sur ce sujet afin d'encourager ceux qui luttent en Suisse pour éviter une fuite en avant si périlleuse pour tous. Nous alertons aussi les électeurs sur le sujet suivant: en votant pour la droite européenne et pour l'UMP lors des élections européennes du 24 mai, ils maintiendraient à la tête de l'Union européenne la politique de dumping fiscal dont nous souffrons tous et qui rend actuellement impossible un minimum d'équité dans ce domaine.

Pour approfondir leurs connaissances sur le sujet des paradis fiscaux, nous proposons à nos lecteurs les deux liens suivants:

- Appel des élus locaux "Stop paradis fiscaux".

- Les collectivités engagées dans la campagne Stop paradis fiscaux (dont la région Rhône-Alpes fait partie).

 

Depuis 2010, la précarisation des conditions de travail des employés de l'aéroport de Genève est au coeur de l'actualité du Grand Genève. Au centre du mécontentement des salariés se trouve la multiplication des contrats précaires et plus particulièrement des contrats d'auxiliaires aux dépends des contrats classiques.

Une telle situation pose d'importants problèmes en contexte de crise pour les travailleurs frontaliers qui sont ainsi considérés comme la variable d'ajustement. Nous appelons les autorités suisses et françaises à prendre toute la mesure de ce problème dont les conséquences pour notre région ne peuvent être que négatives.

Pour plus d'information sur le sujet lire l'article suivant: http://www.lecourrier.ch/119143/qui_chassera_les_patrons_voyous_de_l_aeroport

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